Technologie verte : les entreprises numériques face au défi de la transformation écologique et à la tentation du greenwashing

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Face à l’urgence climatique, de nombreuses start-up et géants du numérique établis proposent des solutions prometteuses pour accompagner la transition écologique. Mais la plupart de ces entreprises sont loin d’être neutres en carbone…

Au fil des années, et plus encore cet été, le réchauffement climatique s’est fait par des phénomènes violents comme les canicules, les grands feux de forêt, les inondations et même les tempêtes. Face à une planète de plus en plus hostile à l’humanité, de nombreux experts tirent la sonnette d’alarme et appellent toutes les forces en présence à limiter l’impact du puissant bouleversement climatique déjà en cours.

Dans ce contexte, le numérique apparaît comme un moyen important pour trouver de nouvelles solutions au réchauffement climatique. Utiliser les énergies renouvelables pour développer de nouveaux modes de transport, décarboner l’industrie, optimiser les chaînes d’approvisionnement, mieux recycler les déchets, réduire la consommation d’énergie dans les entreprises et les bâtiments… Un domaine où de nombreuses start-up cherchent à développer des solutions plébiscitées par de nombreux acteurs mondiaux. leaders Une partie de la transformation écologique attendue, mais son application semble actuellement être un fantasme lointain.

Cependant, le temps presse et les objectifs sont ambitieux. L’Accord de Paris, signé à l’issue de la COP 21 en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici la fin du 21e siècle, ce qui signifie réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 45 % aux niveaux de 1990 d’ici 2030. Dans ce contexte, l’Union européenne demande à ses États membres de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, et de s’engager à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour y parvenir, le Groupe UE-Europe s’appuie notamment sur les Green Deals visant à mettre tous les secteurs (climat, environnement, énergie, agriculture, industrie, transport, finance, etc.) sur la voie de la transformation écologique.

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Les investisseurs se réveillent

Ce Green Deal européen devrait contribuer à rendre le secteur plus attractif pour les investisseurs. Selon un rapport de Bpifrance, les entreprises vertes françaises ont levé 1,6 milliard d’euros en 2021, contre seulement 558 millions d’euros en 2019, et la dynamique commence déjà à s’installer en France, qui compte désormais plus de 1 800 entreprises de ce type. Parmi elles, 25 nouvelles entreprises énergétiques représentaient 23 % et l’écologisation industrielle 23 %. Dans d’autres industries qui attirent les investisseurs, l’économie circulaire est en plein essor, comme en témoigne le tour de table de 450 millions d’euros clôturé en début d’année par Back Market, une place de marché de l’électronique reconditionnée, qui a levé 5,1 milliards d’euros.

Bien que ces entreprises créent aujourd’hui plus de 60 000 emplois et un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros en France, elles ne représentent que 16 % des fonds levés par les startups françaises en 2021. Actuellement, la France occupe la quatrième place des investissements dans les greentech, derrière la Suède, l’Allemagne et le Royaume-Uni, mais elle est portée par la bonne dynamique d’entreprises telles que Back Market, Vestiaire Collective, InnovaFeed, Ÿnsect ou encore Electra. De plus, la marge de progression est importante puisque la moitié des technologies vertes françaises ont été créées il y a moins de cinq ans.

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L’industrie semble brillante pour les prochaines années à mesure qu’elle mûrit et que les investisseurs s’intéressent davantage au segment environnemental. « Ce contexte est clairement propice à l’émergence de start-up innovantes tournées vers l’environnement et à l’essor de la finance durable, modifiant ainsi le choix des investisseurs », a déclaré Flavian Waterrow, directeur de recherche chez Xerfi. et ajouter: “Après le solaire et l’éolien à la fin des années 2010, l’hydrogène, l’efficacité énergétique et, dans une moindre mesure, le recyclage des déchets pourraient être les nouveaux thèmes d’investissement à la mode.”

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Alors que l’industrie est en plein essor, il met en garde contre une possible dérive inhérente au monde de la technologie : “Les marchés en plein essor surestiment parfois la portée de l’innovation.” Bpifrance a souligné que pour l’instant, il semble trop tôt pour parler d’une bulle qui est sur le point d’éclater, d’autant qu’entre 2017 et 2021, les entreprises américaines de la greentech ont levé plus (73,6 milliards d’euros) que les entreprises européennes de la greentech (23,2 milliards d’euros). ) trois fois. Mais mieux vaut prévenir que guérir, car la grentech dans les quatre pays européens les plus actifs (Suède, Allemagne, Royaume-Uni et France) a multiplié par 11 la collecte de fonds depuis 2018.

Macron annonce des milliards de dollars pour la transition écologique

La concrétisation de ces innovations nécessitera des moyens financiers conséquents, notamment une volonté politique. En ce sens, sur les 100 milliards d’euros du plan de relance post-pandémie mis en place en France, 30 milliards d’euros sont utilisés pour la transformation écologique. Cette thématique est également au cœur du plan 2030 de la France, qui devrait prévoir l’économie française à 30 milliards d’euros sur cinq ans pour relancer la concurrence industrielle nationale. Dans ce contexte, Emmanuel Macron n’a pas souligné le rôle crucial que doivent jouer les acteurs technologiques émergents.

Ce n’est pas un hasard si le gouvernement a lancé fin 2020 l’initiative French Tech for the Planet pour mettre en lumière les entreprises françaises qui innovent en matière d’environnement. Dans ce contexte, Bercy a lancé au printemps 2020 le French Tech Green 20, déclinaisons des deux indices phares de l’écosystème français Next 40 et French Tech 120, visant à cultiver des champions technologiques de la transformation écologique. “Nous voulons être des licornes vertes non pas parce que nous valons un milliard de dollars, mais parce que nous allons économiser un milliard de tonnes de dioxyde de carbone”affirme Matthieu Guesné, fondateur de Lhyfe, une start-up nantaise qui rêve de devenir un géant de l’hydrogène vert et qui participe au premier déploiement de Tech Green 20 en France.

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Attention au lavage vert

Économiser des milliards de tonnes de CO2 est en effet un enjeu majeur pour les acteurs du numérique. Mais en même temps, il ne faut pas oublier leur empreinte environnementale. Car contrairement aux idées reçues, le numérique est vu par beaucoup comme une solution miracle de dématérialisation et de réduction de la pollution, mais il est loin d’être irréprochable dans ce domaine. Cela est possible, par exemple, en s’intéressant tout simplement à nos transactions électroniques.

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Chaque jour, plus de 300 milliards d’emails contenant des quantités plus ou moins massives de données sont envoyés aux quatre coins de la planète. Cela équivaut à 90 000 vols quotidiens entre Paris et New York. Cette pollution provient de l’énergie consommée pour faire fonctionner, surtout, le refroidissement des serveurs du datacenter. En plus des e-mails, toutes les données en ligne transitent par l’infrastructure, telles que les données provenant du streaming et de l’activité de commerce électronique.

Les deux secteurs ont également atteint des sommets vertigineux lors de la pandémie de Covid-19, lorsque des centaines de millions de personnes dans le monde y étaient confinées. Alors, en quête de solutions de divertissement, de travail à distance et de shopping, ils se tournent vers des géants du numérique comme Netflix ou Amazon. Seattle Octopus fait tout son possible pour communiquer son engagement envers la durabilité. Le groupe américain a même lancé en 2019 le “Climate Commitment”, une initiative visant à atteindre la neutralité carbone dans toutes ses activités d’ici 2040, et salue chaque année ses réalisations écologiques dans son rapport sur le développement durable. Dans l’édition 2021, Amazon se réjouit particulièrement d’avoir livré plus de 100 millions de colis en Europe et plus de 500 000 colis en Amérique du Nord grâce à sa flotte électrique.

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Le green wash d’Amazon et de ses partenaires a d’abord révélé quelques limites sur la plateforme.

Alexis Normand, PDG de Greenly

D’un point de vue environnemental, c’est assez paradoxal pour Amazon de se présenter comme une entreprise modèle, tant l’entreprise américaine excelle à inciter ses utilisateurs à trop dépenser, comme en témoigne son offre Prime, qui permet de passer du gratuit et de bénéficier d’une livraison rapide. Forfaitez, accédez au service vidéo SVoD Prime, empruntez des livres électroniques sur Prime Reading ou écoutez 2 millions de chansons sur Music Prime. De plus, le géant, dirigé par Andy Jassy, ​​a lancé une campagne qui, par sa nature même, crée de la pollution, en particulier sa flotte Prime Air. A partir de là, en parlant de green washing, Alexis Normand, PDG de la startup française Greenly, n’a fait qu’aller plus loin. Greenly est une startup française qui aide les entreprises et les particuliers à cartographier leur empreinte carbone.

“Alors que l’entreprise a publié une liste d’initiatives vertes à la Prévert, comme la commande de près de 100 000 véhicules électriques, elle n’a rien fait pour freiner l’augmentation de 20 % des émissions sur deux ans. C’est le résultat d’une croissance exponentielle et ne peut remplacer des activités plus intensives en carbone. “il a publié dans Galerie. “Amazon n’a pas quantifié près de 99% de ses émissions indirectes en n’incluant que les produits vendus sous ses propres marques dans ses rapports […] En lavant son empreinte carbone indirecte, Amazon se prive d’un étonnant levier d’influence”, il ajouta. et conclu : “La purge verte d’Amazon et d’autres est la première à révéler une poignée de restrictions sur la plate-forme et un manque d’ambition de la part des régulateurs.”

Alors, cherchant à changer la donne, l’UE devrait être à un tournant, et sa réglementation des données GDPR, après son entrée en vigueur pour le Vieux Continent, a inspiré d’autres réglementations similaires à travers le monde. Mais si une législation plus stricte sur la transition écologique doit être envisagée au sein de l’UE, nul doute que le lobbying des Gafam et autres géants du numérique apparentés sera particulièrement intense. Mais surmonter la dérive verte dans la lutte pour ralentir le réchauffement climatique a un prix.

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