Max Jadot (CEO de BNP Paribas Fortis) : “Je ne m’attends pas à une profonde récession”

Max Jadot, CEO de Fortis BNP Paribas, a répondu à nos questions lors de l’annonce de ses résultats semestriels.

Même si la crise que nous vivons aujourd’hui est un “choc terrible”, les principaux banquiers du pays ne sont pas près de succomber à la catastrophe environnementale, a-t-il déclaré. Malgré la forte hausse du coût de la vie et la flambée des prix de l’énergie, Max Jadot n’anticipe pas de récession sévère et est confiant dans la capacité de l’industrie à soutenir les entreprises et les ménages cet hiver, tout en affirmant l’urgence de la transition. Il y en a plus de 500 millions par rapport à 2021, et le bénéfice semestriel annoncé ce matin a augmenté de 30 % à 1,634 milliard d’euros. Qu’est-ce qui explique cette bonne performance ? C’est un résultat solide. Mais il faut faire attention à l’interpréter et à le comprendre. La raison en est une bonne activité économique, mais il y a aussi deux facteurs particuliers : l’un lié à bpost banque et l’autre lié à notre filiale de location de voitures Arval. Plus précisément, pour la banque bpost dont nous avons finalisé l’acquisition l’année dernière, cela a déclenché un goodwill comptable, entraînant un impact positif de 245 millions de dollars, dont une grande partie a compensé la perte que nous avons subie lorsque nous avons annoncé l’acquisition en 2020. Quant à Anwar, profitant du boom du marché des voitures d’occasion, le prix des voitures d’occasion est resté élevé.Les éléments non récurrents dont je viens de vous parler, la banque se porte effectivement bien. Les nouveaux prêts (y compris les refinancements) en Belgique ont augmenté de 15 % par rapport au premier semestre 2021, qui était déjà une année exceptionnelle à 20 milliards d’euros. Dans l’ensemble, notre portefeuille de prêts a augmenté de 8 %, tandis que les dépôts ont augmenté de 5 %. Outre la bonne contribution de l’activité spécialisée, dont notamment la très bonne performance d’Anwei, un autre fait marquant est la baisse sensible du coût du risque. Le deuxième trimestre s’annonce-t-il moins optimiste ? Soyons clairs, la crise que nous vivons est grave aujourd’hui. Ce fut un choc terrible. Mais comme je vous l’ai dit, nous n’avons pas à faire de grosses provisions. Cela ne signifie pas que les entreprises et les ménages les plus vulnérables ne sont pas touchés. La reprise attendue après la fin de la pandémie est mise à rude épreuve par une série de chocs. Mais dans l’ensemble, nous n’avons pas vu un tel drame avec nos clients. Plus précisément, que pensez-vous de l’économie dans les mois à venir ? En Belgique, mais aussi pour l’Europe, où le pays est très attaché, on s’attend à plusieurs trimestres de faible croissance. Mais notre scénario de base est que cette croissance faible, voire nulle ou légèrement négative, ne conduit pas à une profonde récession. Peut-être une courte récession, quelques trimestres, mais si j’en crois les prévisions de la banque, il ne faut pas s’attendre à une profonde récession. Encore une fois, cela ne signifie pas que certains ménages et entreprises ne devraient pas être soutenus. Mais d’un point de vue macroéconomique, nous maintenons nos perspectives optimistes à long terme. Comment pouvez-vous aider les entreprises et les familles tout au long de ce processus ? Actif dans la banque traditionnelle ainsi que dans presque tous les autres domaines d’activité possibles (Axepta, Nickel, etc.). Notre large gamme de produits et de solutions devrait rassurer les entreprises et les familles aux prises avec la situation actuelle et à la recherche de solutions pour les dépanner. De plus, la banque existe depuis 200 ans. Elle a traversé de nombreuses crises. Il est solide et liquide. Elle connaît très bien le pays et peut aider à trouver des solutions pour traverser cette mauvaise passe. Certainement pas individuellement, mais collectivement, c’est-à-dire avec toutes les parties prenantes : gouvernement fédéral, régions, etc. Des discussions sont en cours avec le gouvernement. Quelles pistes sont envisagées ? Je ne peux pas vous en dire plus maintenant. La discussion ne fait que commencer. Il s’agit de mesures ciblées pour les ménages et les entreprises qui en ont besoin pour passer l’hiver. BNP Paribas et le secteur bancaire en général joueront leur rôle, comme nous l’avons fait pendant la crise du Covid-19. Au-delà de ces objectifs à court terme, vous souhaitez toujours miser sur la transition vers une économie plus durable pour accélérer la neutralité carbone.La neutralité carbone n’est possible que si nous acceptons le défi de financer la transition énergétique à plusieurs milliards d’euros : nous devons Nos actions être accélérée et approfondie pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Si les entreprises sont bien positionnées pour cette transition, et qu’elles y travaillent depuis de nombreuses années, il reste encore beaucoup de travail à faire du côté privé, notamment sur le marché de l’immobilier résidentiel. Seuls 18% des Belges connaissent le PEB (Certificat de Performance Energétique des Bâtiments, NDLR) de leur logement. Les investissements nécessaires à la mise aux normes du parc immobilier résidentiel d’ici 2050 sont estimés à 300 milliards d’euros. C’est un immense enjeu et un axe de développement stratégique pour les banques aujourd’hui et dans les années à venir. C’est pourquoi nous avons gravi les échelons des ressources humaines. D’ici 2025, nous prévoyons de recruter 2 000 employés pour stimuler notre croissance et soutenir une économie plus durable. Il y a donc quelque chose de positif derrière la crise énergétique que nous vivons aujourd’hui.

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