“Les creux boursiers sont toujours atteints après l’entrée en récession”, Chat

Hellem : Bonjour, Monsieur Le Bailly. Dans l’hebdomadaire, vous proposez d’allouer 10% d’actions aux pays émergents. Avez-vous une préférence pour les pays/zones géographiques (Asie, Amérique du Sud, Afrique…), ou êtes-vous neutre ? Merci.

Rémy Le Bailey : Bonjour à tous. Ravi de vous rencontrer. Les questions sur les actions émergentes sont arrivées plus tôt que prévu, mais je me ferai un plaisir d’y répondre.

En fait, nous donnons aux pays émergents un poids de 10 %. L’Amérique latine s’est démarquée ces derniers mois car la région a bénéficié d’une envolée des matières premières. Cependant, le pic des prix semble avoir été atteint. La Chine, grand pays émergent, est déçue, mais les autorités chinoises devraient chercher à relancer l’économie et la bourse avant le prochain congrès. Enfin, la région de l’Europe de l’Est a été fragilisée par le conflit en Ukraine.

Dans ce cas, je pense que le plus simple est d’investir dans un fonds ou un ETF (qui est un type de fonds spécifique) qui permet de parier sur les marchés émergents dans leur ensemble.

Storse : Bonjour, si j’ai bien compris, Ubisoft n’a pas beaucoup d’intérêt immédiat après l’arrivée de Tencent ? Qu’est-ce que tu penses? Merci pour votre réponse.

Ubisoft a un double intérêt. Le premier est spéculatif et tient à son statut d’entreprise indépendante dans un monde très concentré, notamment à l’intérêt manifesté par les fabricants de consoles. Ubisoft est donc une proie potentielle. L’accord signé par la famille Guillemot avec Tencent a éliminé (ou du moins fortement réduit) cet actif spéculatif.

En revanche, le deuxième atout d’Ubisoft reste avec le statut de récupérer Après une période difficile. La société, comme l’industrie dans son ensemble, a été touchée par une pénurie de semi-conducteurs qui a entraîné une réduction de l’offre de nouvelles consoles, et cet exercice devrait voir un retour à la croissance de l’activité suivi d’une forte amélioration de la rentabilité. On peut estimer que le titre est en bas de boucle.

Par conséquent, nous restons du côté de l’acheteur, mais abaissons le prix cible à 50 EUR. Rappelez-vous également que Tencent n’est pas un philanthrope. Si le groupe chinois devait prendre une participation dans Ubisoft à une valorisation de 80 euros par action, ce serait parce qu’il estime que l’entreprise vaut nettement plus que son cours actuel.

Yvan : Que va devenir l’action Albioma ?

Une autre question d’actualité. L’acquisition a redémarré le 8 août et s’est terminée vendredi. Le résultat de l’offre devrait être connu d’ici une semaine.

Si vous me demandez cela, c’est parce que vous avez suivi nos conseils et que vous avez toujours votre part dans votre portefeuille. l’une des deux choses.

S’il a lancé une OPA et n’a reçu que 83,4% de KKR lors de la première offre, il a cette fois dépassé les 90% qui lui ont permis d’initier une sortie forcée. Dans ce cas, vous serez obligé de lui apporter votre titre (même prix de 50 euros). En fin de compte, vous vous retrouverez dans la même situation que la personne qui a obtenu le titre. Vous n’obtiendrez rien.

Dans les deux cas, KKR n’a pas atteint 90 %. Vous gardez vos actions cotées en bourse. En fonction de l’évolution du marché et des performances de l’entreprise, le prix évoluera comme avant la cotation. Il peut être inférieur à l’enchère ou valoir plus.

Nous vous recommandons de détenir ce stock car nous pensons qu’il devrait valoir plus au fil du temps à mesure que le marché des énergies renouvelables se développe.

Dans une hypothèse positive, il est concevable que KKR lance une nouvelle offre à un prix supérieur à 50 euros d’ici quelques années pour sortir l’entreprise de la bourse.

Eric : Vous proposez de vendre Safran. Au cours de la semaine suivante, d’autres analystes ont recommandé d’acheter l’action, qui a augmenté de 4 %. Maintenez-vous votre recommandation ?

Comme nous l’avons souligné il y a deux semaines, nous choisissons d’être prudents sur le marché et donc d’être plus sélectifs dans nos recommandations de titres. C’est aussi un commentaire de l’un d’entre vous lors de notre chat de rentrée il y a deux semaines.

Avec cet objectif sélectif, nous pensons qu’Airbus a plus de potentiel pour atteindre des sommets à moyen terme dans l’aviation. Nous maintenons ce point de vue et il n’y a actuellement aucune raison de modifier nos recommandations.

Zoll : Salut Rémy. Comme déjà demandé il y a quelques mois, Bolloré s’est vu proposer d’acheter pendant 92 semaines sans casser un sou ! ! ! ! Cette action doit-elle être préservée ?

Vous avez raison, l’action Bolloré est assez stable. Mais alors que le Cac 40 est en baisse de 11% depuis le début de l’année et en hausse de 13% en trois ans, ce n’est pas une mauvaise performance d’être stable depuis le début de l’année et en hausse de 26% en trois ans !

Nous continuons de penser qu’à plus ou moins court terme, le groupe subira une réorganisation en sa faveur. Le groupe, qui a cédé sa filiale logistique africaine à MSC à un prix favorable en début d’année, nous semble bien positionné pour traverser une conjoncture économique difficile.

Laurent : Bonjour, pouvez-vous nous dire quand les creux historiques précèdent généralement les récessions et quand les actions commencent à remonter ? Merci.

C’est la question dans le contexte actuel. L’équipe de Lazard Frères Gestion le fait en se concentrant sur le premier marché américain. Ils ont constaté que depuis les années 1970 (7 récessions sont répertoriées), les plus bas de valorisation ont toujours été atteints après le début des récessions. De plus, la baisse moyenne entre le sommet précédent et le creux atteint pendant la récession était de 37 %. Généralement, le creux est atteint moins de trois mois après le début de la récession.

Iban : Bonjour monsieur, nous semblons être sur le point de connaître un rebond technique, comme l’a souligné votre chartiste dans le journal ce week-end, nous pourrions atteindre environ 6 450. Que recommandez-vous de faire à ce niveau et quelles sont vos visions pour l’avenir, notamment en octobre-novembre ? Merci. cadmium.

A 6340 pour le Cac 40, nous sommes au premier seuil technique évoqué dans le journal de samedi. Le prochain seuil est proche de 6 440. En plus de prendre des warrants turbocompressés ou très réactifs, avec un risque de désactivation la première fois, et un risque de perte importante la deuxième fois, la valeur temps peut chuter (pour être réactifs, vos warrants doivent être à court terme), sans beaucoup de gains. C’est très spéculatif.

Je vais donc être prudent pour les prochains mois. La seule chose qui m’a fait changer d’avis, c’est l’évolution très positive de la situation militaire en Ukraine.

Epictète : Bonjour Monsieur Le Bailly, sur les conseils d’Investir, j’ai renforcé la partie US de mon PEA avec mon ETF PEA S&P 500. En revanche, me conseillez-vous de conserver mon ETF PEA Asia Pacific (hors Japon) ou de transférer une partie de cet argent dans l’ETF S&P 500 et une partie dans l’ETF Japan PEA ? Merci pour vos précieux commentaires. Sincèrement.

Vous avez été nombreux à me poser des questions sur les ETF internationaux éligibles au PEA. Je vais utiliser votre question pour fournir une réponse générale.

Les 1-ETF éligibles au PEA apparaissent principalement dans la gamme des émetteurs français (Lyxor, Amundi, BNP Paribas Easy).

2- Oui, c’est un excellent moyen (pas cher et flexible) de diversifier votre portefeuille à l’international, en particulier pour les marchés plus complexes comme les pays émergents et le Japon.

3-ETF est conçu pour reproduire l’évolution de l’indice. La différence de performance de l’un à l’autre est généralement faible. Par conséquent, arbitrer d’un ETF à un autre couvrant le même indice n’est généralement pas utile.

Quant à votre question, nous vous recommandons d’être présent à la fois sur les marchés émergents et au Japon. Mais l’allocation la plus importante concerne l’Amérique du Nord (45 %), alors que les pays émergents ne représentent que 10 % et le Japon 7 %.

Matthieu : Bonjour, M. Le Bailly. J’apprends à utiliser les put warrants de Cac pour couvrir mon portefeuille. Je retourne Cac à 6.235 sur les bons IH5HB. Ma question est quand dois-je le vendre. Je m’attends à ce que Cac casse 5 900/5 800 et vende immédiatement ? Ou ai-je la patience de rendre le marché plus stable à moyen/long terme (par exemple après une éventuelle récession en 2023) ? Bien pour vous. Matthieu.

À mon avis, votre produit n’est pas un mandat, mais un put turbo infini. Ce n’est pas la même chose. Contrairement aux warrants, les turbos ne sont pas liés par la valeur temps. Je te conseille de le garder pour le moment. Si le Cac 40 descend à 5 900 ou 5 800, ne soyez pas trop gourmand et prenez au moins une partie de vos bénéfices. Avec ces produits très volatils, il faut savoir empocher ses plus-values.

Les meilleures choses ont une fin. C’est la dernière question pour aujourd’hui. Passe une bonne semaine. Au plaisir de vous voir lundi prochain.


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