Inflation, dette, Chine, Russie… “Le reset post-Covid-19 est une catastrophe”

Avec la pandémie de coronavirus, certains, moi y compris, ont osé espérer un redémarrage économique, géopolitique et financier mondial pour repartir sur des bases plus saines. Comme un appareil temporairement défectueux, il doit parfois être redémarré en appuyant sur le bouton RESET en corrigeant les erreurs passées.Spécialement dans ce but, j’ai écrit en septembre 2020 RESET – Quoi de neuf dans le monde demain ?soit dit en passant, ce livre est un best-seller en économie depuis deux ans, et je vous en remercie.

Mais, malheureusement, comme je le craignais à l’époque, alors que la pandémie a engendré une réinitialisation, cette dernière n’a pas provoqué les effets positifs escomptés. Bien au contraire, car les conditions économiques et financières post-Covid19 sont pires qu’avant. En effet, la dette publique a explosé dans la majeure partie du monde, notamment en France et dans les pays du sud de l’Europe, mais n’a pas produit une croissance forte et durable. Le PIB annuel de la France reste inférieur de 1,7 % à celui de 2019. Il n’est absolument pas permis de redonner une bonne santé à la plupart des économies de la planète, notamment la France.

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Pire encore, la mauvaise gestion de la dette publique a déclenché une poussée historique d’inflation, elle-même alimentée par une “impression monétaire” irresponsable en ampleur et en durée (surtout dans la zone euro). Pour ne rien arranger, la pandémie et le confinement ont complètement bouleversé l’échelle des valeurs. Commencez par la valeur travail. En fait, des millions de personnes quittent le marché du travail et ne reviennent jamais, en particulier dans les pays développés. À tel point que des pénuries de main-d’œuvre sans précédent persistaient dans ces dernières.

Pendant ce temps, le règne de l’argent magique a réactivé une bulle financière explosive. Surtout en ce qui concerne les crypto-monnaies, les valeurs numériques et les fameuses licornes, qui, comme leurs noms l’indiquent, appartiennent encore à l’ordre illusoire. Malheureusement, de nombreux investisseurs privés qui pensent pouvoir s’enrichir rapidement sans trop d’efforts sont devenus les dindes de la crise financière qui dure depuis des mois.

En attendant, alors que la pandémie de coronavirus de Wuhan nous a peut-être fait prendre conscience des dangers de notre dépendance vis-à-vis de la Chine, la Chine est devenue le principal bénéficiaire de cette crise sanitaire. En conséquence, la Chine est le seul grand pays au monde à ne pas connaître de récession annuelle en 2020, et le pays avec la plus forte reprise en 2021-2022. Depuis 2021, l’excédent commercial de la Chine bat même des records, dépassant actuellement 820 milliards de dollars en 12 mois, contre 430 milliards de dollars en 2019. Autrement dit : non seulement nous n’avons pas utilisé la crise pour affaiblir l’hégémonie chinoise, mais au contraire nous l’avons renforcée.

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Malheureusement, après des mois de guerre en Ukraine, la situation est très similaire à celle de la Russie. En effet, alors que le monde commence à lutter pour se sortir du pétrin et semble pouvoir panser ses blessures et retrouver le chemin de la prospérité, une nouvelle crise arrive et tout bascule. Et pas des moindres parce qu’il s’agit de la guerre russo-ukrainienne. En plus de la tragédie humanitaire et des morts qu’elle a causées, elle s’est ajoutée aux pressions inflationnistes déjà en jeu à partir de 2021. Dans ce cas, la grande majorité des pays de la planète connaissent soit une inflation historiquement élevée, soit la plus forte inflation depuis le début des années 1980.

Face à cette nouvelle crise, différents pays et régions ont des stratégies de politique économique différentes. Aux États-Unis, à partir de novembre 2021, surtout après la guerre d’Ukraine, la Fed a commis sa propre faute en refusant de faire face aux risques d’inflation et a décidé (éventuellement !) de prendre ses responsabilités en augmentant les taux d’intérêt à partir de mars 2022. Elle entend ainsi étouffer l’activité économique afin de réduire l’inflation afin qu’elle puisse repartir sur des bases plus saines.

Dans la zone euro, en revanche, la BCE a décidé de poursuivre sa précipitation en maintenant une politique monétaire trop accommodante pour laisser filer l’inflation plutôt que de la contenir en ralentissant l’économie. Ce que la BCE feint d’ignorer, c’est que les périodes de forte inflation se terminent toujours par des récessions.En d’autres termes, mieux vaut limiter rapidement l’inflation, quitte à subir une petite récession, et ne pas la laisser monter en flèche, ce qui conduirait à finalement subi une forte baisse. La Banque centrale européenne et les responsables politiques de la zone euro ont donc choisi, et ce sera un double coup dur : une inflation élevée et une profonde récession.

En fait, ce serait une quadruple punition, car à ces deux fléaux, il faut désormais ajouter la chute de l’euro et la réactivation de la crise existentielle de la zone euro. Or, si l’euro se dépréciait, cela se traduirait par une hausse de l’inflation importée, entraînant une aggravation de l’inflation mondiale, qui éroderait davantage le pouvoir d’achat des ménages, alimenterait une récession, conduirait à une nouvelle vague de déficits publics et à un endettement plus élevé, et plonger la zone euro dans une récession persistante Spirale de stagflation (inflation élevée et stagnation économique).

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Le plus triste est que l’économie russe va de mieux en mieux alors que l’Union économique et monétaire (UEM) est de nouveau plongée dans une crise politico-économique et financière qui pourrait même lui être fatale. Loin de la débâcle annoncée, elle a considérablement dopé les revenus financiers liés à la flambée des prix des matières premières. Son excédent commercial continue de battre des records.

Autrement dit, que ce soit la Chine dans la pandémie de Covid 19 ou la Russie dans la guerre en Ukraine, les gagnants de la crise sont précisément ceux qui souffrent le plus. Et cela, si les grands perdants restent les traditionnels pourvoyeurs d’enseignements, notamment à commencer par l’UE et la zone euro, restera une mauvaise relation pour l’économie mondiale, comme on l’a observé dans toutes les crises depuis 40 ans.

Plus de dette, plus d’instabilité financière, plus d’hégémonie chinoise, plus de puissance économique russe, plus de dollar fort, moins de crédibilité de la BCE, des dirigeants politiques de la zone euro et de ses principaux membres (France et Allemagne en tête) Confiance en baisse)… En clair, le poste -la réinitialisation de la pandémie en 2020 a été catastrophique.

Face à ces dérapages et à ces dérives, c’est donc l’heure d’un second RESET, cette fois-ci, espérons-le, bénéfique.C’est l’un des principaux objectifs de mon nouveau livre RESET II – Bienvenue dans le monde d’après, sera publié le 1er septembre 2022. Oui, le pire n’est jamais certain ! On peut encore l’éviter.

Mais sachez que pour cela nous devons faire les bons choix stratégiques. Ainsi, dans le dernier chapitre de ce livre, je proposerai une fin alternative : une de courage et une sortie de crise ascendante, et une de peur et de déni, qui conduira à la fin de la zone euro. Un RESET dramatique couronnera la Chine et quelques autres pays, au détriment de l’Europe et de la France.

La balle est dans le camp de nos dirigeants politiques et monétaires. Espérons juste qu’ils fassent le bon choix. L’espoir donne la vie… En attendant de connaître l’issue de ce match décisif, nous avons également décidé, avec l’équipe de Bookelis, de mettre ce livre sur un chemin de remise en question et d’innovation permanente.

En tant que tel, ce sera le premier livre d’économie vivante. En effet, les principaux paragraphes et graphiques de RESET II ont été continuellement mis à jour depuis deux ans. Vous pouvez y accéder simplement en allumant l’appareil photo de votre smartphone et en le plaçant sur le canal approprié. Vous pouvez même accéder à mes vidéos YouTube qui couvrent les sujets abordés dans cet article, elles conserveront donc toute leur pertinence pendant deux ans. Merci encore à tous pour votre fidélité.

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Marc Touati, économiste, président d’ACDEFI Corporation et auteur de sept livres économiques à succès

Son nouveau livre, RESET II – Bienvenue dans le monde d’après, sera publié le 1er septembre 2022.

Maktuati

Vous pouvez également retrouver sa chronique vidéo sur sa chaîne Youtube le dernier : euro, France, taux d’intérêt, bourses… la rentrée avec tous les dangers

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