Grand format – Le360. “L’économie marocaine n’est pas en récession”, déclare la ministre des Finances Nadia Fettah Alaoui

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“L’économie marocaine n’est pas en récession”, a assuré Nadia Fettah Alaoui, même si la croissance en 2022 est limitée à 1,5%, contre une prévision initiale de 3,2%, et 2021 est une année exceptionnelle (+7%). “Notre croissance nous permet de maintenir les fondamentaux et de montrer la résilience de l’économie”, a ajouté le ministre, soulignant le dernier déficit budgétaire d’environ 73 milliards de dirhams (5,3% du PIB), meilleur que la loi de finances 2022 (+5,5%) sans couper les budgets d’investissement. “Les conditions de modification de la loi de finances ne sont pas remplies. Nous n’avons pas épuisé tous les mécanismes permis par la loi de finances 2022”, a-t-elle souligné.

Nadia Fettah, qui vient de présenter au Parlement son plan budgétaire triennal 2023-2025, reconnaît que la prévision est devenue dangereuse dans un monde de plus en plus incertain. “Nous sommes obligés de faire un travail de prévision pour préparer la loi de finances. Pour cela, nous nous appuyons sur des indicateurs des institutions nationales et internationales (FMI, Banque mondiale, HCP, etc.) dont le cœur de métier est la prévision”, a expliqué le ministre. Elle a ajouté qu’il est important d’avoir suffisamment de poids pour réagir rapidement et efficacement à des prévisions réelles inexactes ou contradictoires.

Pour l’instant, compte tenu de la bonne tenue des revenus ordinaires enregistrée à fin juin l’an dernier (+23,5% à 147,4 milliards d’AED), toutes catégories fiscales confondues (57,3% pour l’IS et +17,7% pour l’IS), le levier fiscal est fonctionne clairement bonne TVA, etc.). Pourtant, il reste encore beaucoup à faire pour élargir l’assiette fiscale et exploiter le potentiel de recettes inexploité, qui, selon une récente étude du Fonds monétaire international, est estimé à environ 12 % du PIB.

“La mise en œuvre de la loi-cadre fiscale aura le potentiel d’élargir l’assiette fiscale. Le délai de cinq ans doit être respecté. Nous savons ce que nous devons faire et combien de temps cela prendra”, a déclaré Nadia Fettah.

En réponse aux réformes de l’impôt sur le revenu (IR) visant à alléger la pression sur la classe moyenne et les retraités, la ministre estime que l’ampleur de l’ajustement pourrait entraîner une baisse des revenus à court terme, mais l’objectif à long terme, insiste-t-elle, est d’élargir progressivement l’assiette fiscale.

Concernant la contribution sociale de solidarité, dite taxe de solidarité, le ministre a affirmé que la politique sera maintenue en 2023, ajoutant que l’exclusion des personnes physiques à partir de 2022 peut être tenue pour acquise. “Cet esprit de solidarité et de cohésion sociale est extrêmement important dans les temps que nous vivons, notamment parce qu’il permet avant tout de financer l’extension de la protection sociale”, insiste Nadia Fettah.

Interrogée sur le taux d’inflation record attendu (+5,3 %) en 2022, Nadia Fettah Alaoui a concédé qu’il s’agit d’une situation complexe qui affecte gravement les finances des ménages et des entreprises : « Les mesures que nous avons prises sont d’atténuer l’impact de l’inflation. ne peut pas la contenir », rappelant que « le niveau d’inflation observé au Maroc est encore inférieur à celui de l’Europe ou des États-Unis.

Face aux prix records du carburant, le gouvernement ne peut-il pas imaginer une formule de soutien (rabais de prix dans les stations-service) que la classe moyenne puisse ressentir sans retour de compensation comme dans d’autres pays ? “Nous ne pouvons pas imaginer. Nous nous permettons d’être des techniciens. L’option de ne plus compenser le carburant est bénéfique. Aujourd’hui, si nous devions les indemniser dans le cadre de l’ancien régime, il faudrait 6 à 65 milliards d’AED, ce qui dépasse ce que le dont dispose le gouvernement », a expliqué le ministre.

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