Fusion majeure de l’édition américaine en cours

Comme tout bon thriller, il commence par une intrigue. La version américaine des « Big Five » (Penguin Random House, Hachette, HarperCollins, Simon & Schuster et Macmillan) se retrouvera-t-elle… à quatre ans ? C’est ce qui se passerait si le leader du marché Penguin Random House réussissait son acquisition de Simon & Schuster, que Paramount vendait. L’enjeu de cette acquisition est énorme : 2,18 milliards de dollars (2,11 milliards d’euros).

Mais désormais, les deux aspirants à la fusion ont un adversaire redoutable : le ministère américain de la Justice (DOJ) contre la fusion. Il y voit le roman noir de l’écrivain. Selon lui, la fusion réduira toute marge de manœuvre dont ils disposent pour négocier les droits. Penguin Random House-Simon & Schuster Group paiera 70% du paiement initial de 1 milliard de dollars par an. L’éditorial du futur géant préoccupe aussi le gouvernement.

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Afin de soutenir la situation de l’auteur et de soutenir la position du DOJ, Stephen King, auteur Carrie, brillant Souffrance , est arrivé au pouvoir le 2 août. S’appuyant sur cinquante ans d’expérience, l’écrivain raconte la lutte de pouvoir à laquelle il est lui-même confronté alors que de jeunes écrivains négocient pour leurs droits.

Mais le camp adverse a aussi ses stars. L’avocat choisi par Random House pour faire face au ministère de la Justice était un avocat de premier plan : Daniel Petrocelli. Connu pour ses arts martiaux lors du procès en 1997 du footballeur OJ Simpson, accusé du meurtre de sa femme (et acquitté), il a défendu les cinéastes Harvey Weinstein et Donald Trump. Il y a quatre ans, lorsque le DOJ a voulu bloquer de la même manière la fusion AT&T-Time Warner, il a persuadé un juge d’autoriser leur fusion au nom de la libre concurrence. Pour la petite histoire, Petrocelli est l’auteur d’un livre à succès de 1998 sur l’affaire Simpson, publié par Crown Publishing, une filiale de Penguin Random House, son client aujourd’hui.

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Du côté défensif, à l’heure actuelle, une grande partie de l’argument consiste à prouver que l’ennemi n’est pas celui que nous croyons. Le méchant s’appelle en fait Amazon, ce qui fait frémir les Big Five du monde de l’édition. Le propriétaire de Penguin Random House, Markus Dohle, l’a prouvé mardi, soutenant apparemment une fusion avec Simon & Schuster. Il a expliqué que les algorithmes d’Amazon mettent fortement l’accent sur la “découvertabilité” des livres, ce qui éliminerait les différences entre les grands et les petits éditeurs. Sans compter que la moitié des ouvrages publiés l’an dernier l’ont été par des éditeurs extérieurs aux “Big Five”, insiste-t-il.

En plus de l’aveu de Dohle, son entreprise a fait appel à des experts du big data et a payé Amazon pour promouvoir son travail sur Internet, transformant finalement la plateforme en un allié, comme l’a rapporté le journaliste John Maher sur Twitter, dans sa réponse positive au procès dans un post.

Enfin, selon Markhus Dohle, le monde de l’édition est également touché par une autre menace : les abonnements illimités aux e-books disponibles en ligne pour moins de 10 $ par mois. Selon lui, c’est bien plus désastreux que les revenus combinés de l’auteur.

Anti Hero

Penguin, qui a toujours été sur la défensive, n’hésitera pas à souligner son erreur de jugement afin de mieux défendre sa cause.Brian Tate, l’un de ses éditeurs, raconte précisément comment il a refusé une offre magie stockée Marie Kondo, “parce qu’il ne savait pas quoi en faire”. Le livre (malgré tout ce que Penguin publie) s’est vendu à 2,5 millions d’exemplaires dans le monde.Il a également raté le best-seller où chantent les écrevisses Publié par Delia Owens, il s’est vendu à 5 millions d’exemplaires et est en tête des listes de best-sellers au Royaume-Uni, en Irlande, en Australie, en Allemagne, en Espagne et en Bulgarie.

prochain tome ?

Si la juge Florence Pan bloque le rachat, Simon & Schuster pourrait intéresser d’autres joueurs. En effet, Bertelsmann (dont Penguin Random House est une filiale) peut alors jeter son dévolu sur Editis, qui est vendu par Vivendi.Bertelsmann, également actionnaire de M6 en France, cherche à vendre TF1 peut faire valoir auprès de l’autorité de la concurrence française le procès qui, pour l’instant, ne semble pas favorable au projet. Enfin, Hachette (Lagardère), numéro 3 mondial de l’édition et sur le point d’être racheté par le groupe Vincent Bolloré, pourrait également se mettre sur la liste des candidats de Simon Schuster.

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