Comment adapter la production de fruits et légumes au changement climatique

18 août 2022 à 18 h 57, révisé au 18 août 2022 à 18 h 58

Malgré les ravages de la sécheresse à Hong Kong, la situation des producteurs de fruits et légumes est désastreuse. Interfel (spécialité des fruits et légumes frais) a observé une baisse de production de 10 à 25 %. “Cela est principalement lié au manque d’eau qui interdit aux producteurs d’arroser. Dans les potagers, il est difficile de faire pousser des légumes sans eau.” Le président d’Interfel, Laurent Grandin, s’est expliqué. “Les pertes ne sont pas définitives, Il est nuancé. Aujourd’hui, la situation est grave, mais non sans espoir. »

L’industrie demande un ajustement des restrictions

Les professionnels ont réclamé une meilleure adaptation aux restrictions d’eau imposées dans certaines régions de France pour protéger les cultures. “Nous sommes à la croisée des chemins. Il faut absolument prioriser le maraîchage et la production fruitière pour deux raisons. Les fruits et légumes ont une particularité, ils sont à 90% eau. Donc l’eau que nous utilisons pour produire des fruits et légumes passe par sa consommation est restituée au citoyen, Former le président d’Interfel. Nous sommes dans un cercle vertueux, propre à notre industrie.

Il faut absolument lever les restrictions affectant le maraîchage

Si les professionnels prônent une gestion partagée de l’eau, ils appellent les autorités à faire un choix. “Certaines choses peuvent être reportées, d’autres non, Laurent Grandin poursuit. Nous avons une façon d’arroser très différente de celle d’autrefois, les systèmes d’irrigation goutte à goutte, les tensiomètres nous permettent de réguler l’alimentation en eau de nos champs et vergers. N’oublions pas non plus qu’en fruits et légumes frais nous ne produisons que 50% de ce que nous consommons en France. ”

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L’avis de Jacques Rouchhaussé, Président de Légumes de France. “L’eau est vitale pour nous. Si nous voulons assurer la souveraineté et la sécurité alimentaire, nous devons encore faire des concessions minimales sur ce front”, Il promet. “Il faut absolument lever les restrictions affectant le maraîchage. Il s’agit de savoir si on veut encore avoir une production nationale sur le territoire, ou si on laisse passer ça”. Fini avec Laurent Grandin.

Adapter le secteur au changement climatique

Gel, sécheresses fréquentes… Avec le changement climatique, les producteurs de fruits et légumes font face à des défis majeurs. Parmi les solutions envisagées par les professionnels : modifier le paysage des variétés et des espèces en fonction des filières et de la situation à laquelle elles sont confrontées. “Il y a des produits dans le sud de la France, comme les cerises, qu’on peut délocaliser plus au nord, par exemple”, a souligné Laurent Grandin. Interfel a entamé des discussions avec le gouvernement pour imaginer l’agriculture du XXIe siècle et réfléchir à la manière de s’adapter à ce nouvel environnement.

Les producteurs ont besoin de variétés de plantes capables de s’adapter au climat et de réduire leurs besoins en eau. “Nous devons utiliser les connaissances génomiques de la race en particulier pour l’évolution”, souligne le président d’Interfel.Réduire les pesticides, améliorer les variétés, protéger les vergers… la filière s’investit “Près de 15 millions de personnes ont fait l’objet de recherches sur ces sujets au fil des années”, dit Laurent Grandin.

Sur scène, certains producteurs ont abandonné

Les stations régionales sont également financées par les producteurs. “Globalement, c’est une somme d’argent relativement conséquente, mais ce n’est pas suffisant compte tenu des problèmes actuels. Les pouvoirs publics doivent travailler dur pour soutenir cette recherche appliquée pour accélérer les solutions et les transférer aux producteurs”, a-t-il ajouté. Estimer l’interaction des fruits et légumes frais.

L’organisation coopère avec divers ministères pour mener à bien une “Le grand projet” Qui “Ça peut résonner pendant dix ou quinze ans, mais il faut que ça commence l’année prochaine”: « Nous pensons que si nous voulons maintenir une production adéquate dans la région pour les 10 à 15 prochaines années, le renouvellement du verger doit être triplé et demi. »

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Jacques Rouchhaussé l’a également assuré qu’il fallait passer à la vitesse supérieure face aux aléas climatiques récurrents. “On parle aujourd’hui de souveraineté alimentaire, de déploiement de l’horticulture maraîchère sur notre territoire, mais c’est un compromis par rapport à ce qui se passe actuellement, car sur le terrain, certains renoncent, Le président de la French Beans Organization est inquiet. Il n’y a pas de solution miracle. Si demain nous voulons continuer à produire sur place et ne pas dépendre des importations, nous devons encore investir sérieusement dans nos fermes. »

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