Cinq questions sur les grands incendies

Depuis le début des années 2000, les méga-incendies à travers le monde sont devenus plus fréquents, causant de nombreux problèmes. Il n’existe pas de définition scientifique très précise de ce phénomène. Ce sont des incendies de forêt massifs et intenses, incontrôlables et qui font rage sur des milliers d’hectares. lumière.

Pourquoi parler de méga feux ?

La première est la question de la surface à brûler et de la durée du feu.“Récemment, Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), expliquait sur TV5. Il n’y a pas de zonage incendie exact pour utiliser le terme. En Europe, le terme est utilisé pour plus de 1 000 hectares de feux de forêt. Mais aux Etats-Unis ou en Australie, quand plus de 10 000 hectares sont brûlés, on parle de grands feux. Il faut donc relativiser cette notion, qui dépend largement de l’échelle nationale ou continentale. Echelle et intensité des feux , les dégâts matériels ou humains occasionnés et leur durée peuvent représenter une part considérable, et malgré les moyens dont disposent les pompiers, cela reste au-delà de la capacité des pompiers à éteindre l’incendie.Lorsqu’un incendie atteint un tel niveau, la première priorité des pompiers et sauveteurs La tâche est de protéger et d’évacuer les résidents et les maisons.

En France, le Sénat a rendu un rapport en septembre 2019, selon lequel on peut parler d’incendies »Lorsque la surface couverte par la flamme et la vitesse à laquelle elle se propage atteint une taille particulière, comme une surface de plus de 10 000 hectares, les dégâts sont bien plus importants que ceux d’un incendie classiqueMais sur le terrain, l’incendie de plus de 5 000 hectares, en France, peut être qualifié de méga feu.

Quand les incendies ont-ils commencé à se multiplier ?

Du 19 au 25 août 1949, le massif forestier des Landes de Gascogne subit un immense incendie de forêt. En six jours, les incendies avaient détruit 52 000 hectares de terres, dont 25 000 hectares de bois. Forte sinistralité : 82 sinistrés dans toutes les communes touchées (Cestas, Saucats, Marcheprime et Mios en Gironde).

D’énormes incendies se sont produits dans de nombreuses régions du monde, notamment le bassin amazonien, la Californie, l’Australie, la Russie (Sibérie), le bassin méditerranéen (Grèce, Turquie, Espagne, Portugal et France) et le bassin du Congo en Afrique. Ces dernières années, dans la chaleur étouffante de la Sibérie, les incendies de forêt ont été presque constants et destructeurs : plus de 16 millions d’hectares de bois ont été réduits en une épaisse fumée.

À l’été 2018, la Grèce a subi l’un des incendies les plus meurtriers d’Europe : des incendies de forêt qui ont fait 102 morts. À peu près au même moment, les forêts de Lettonie et de Suède ont pris feu, détruisant la végétation jusqu’au cercle polaire.

Quelques mois plus tard, en novembre 2018, un incendie en Californie a tout détruit sur 60 000 hectares et tué 85 personnes. Dans la même zone, deux autres méga-incendies se sont déclarés en août 2020, brûlant plus de 140 000 hectares de forêt.

Fin 2019, des incendies ont détruit des forêts en Sibérie, au Brésil, au Congo et encore en CalifornieAu cours de la même période, en Australie, les feux de brousse ont commencé à devenir rapidement incontrôlables. Ces méga-incendies détruiront environ 6 000 kilomètres carrés de terres pendant des mois, libérant de la fumée qui peut même s’infiltrer dans de grands centres urbains comme Sydney, Canberra ou Melbourne.

Par ailleurs, la France est en proie à des incendies dans deux régions principales depuis 2021 : le sud-est et le sud-ouest. En 2021, un très grand feu de forêt a ravagé plus de 7 500 hectares dans la rivière Vaal. En juillet 2022, en Gironde, un incendie se déclare dans deux communes au sud de Bordeaux : La Teste-de-Buch et Landiras. Plus de 20 000 hectares de pins ont été détruits et des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées de la zone sinistrée.Dans le même temps, l’impact du feu Grèce, Portugal et sud de l’Espagne.

Quelles sont les causes et les origines des méga feux ?

Les incendies sont généralement d’origine humaine : criminels ou accidentels. Mais leur développement et leur intensité sont souvent causés par des températures élevées prolongées, la sécheresse et le manque de précipitations, et l’état d’entretien des forêts.

Les opérations d’exploitation forestière, notamment les plantations de pins dans les Landes ou en Gironde, sont particulièrement inflammables et contribuent à la propagation des incendies. De plus, les grandes étendues de ces parcelles forestières, sans interruption entre les parcelles, ont contribué à la propagation rapide du feu. Ce phénomène peut également être observé en Espagne et au Portugal, et même en Suède, qui compte environ 70 % de forêts industrielles très compactes.

De plus, l’entretien des forêts et l’enlèvement des broussailles ont été cités comme l’une des raisons de l’occurrence plus fréquente des méga-feux. Les particuliers, et parfois même les communes, n’ont pas fait les travaux nécessaires pour libérer les sous-bois des végétaux morts et des éléments favorisant la propagation des incendies. Une meilleure gestion des forêts, comme la prévention des inondations, est essentielle pour lutter contre 90 % des méga-incendies causés par l’activité humaine.

Le changement climatique est-il responsable du doublement des incendies ?

Il ne fait aucun doute que le changement climatique est la principale raison de l’apparition plus fréquente d’incendies dévastateurs. Car tous les milieux naturels (forêt, prairie, savane ou herbage) sont concernés par les conséquences du réchauffement climatique. Moins de pluie et moins d’humidité, des sécheresses plus fréquentes et prolongées et des températures élevées offrent plus de possibilités d’incendies.

Commence alors un véritable cercle vicieux : les quantités massives de dioxyde de carbone produites et rejetées dans l’atmosphère lors des incendies contribuent à leur tour au réchauffement climatique. Ensuite, la réduction du nombre d’arbres suite à un incendie réduit également la capacité d’absorption de la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère qui contribue au changement climatique. En conséquence, les incendies de forêt deviendront plus importants et plus intenses avec le temps.

Selon le CNRS, les conditions actuelles de réchauffement climatique et de sécheresses et vagues de chaleur plus fréquentes sont plus sujettes aux méga-incendies que les normes climatiques établies à l’ère préindustrielle. Par exemple, dans le climat actuel, les incendies en Australie sont neuf fois plus probables que dans un climat typique au début du 20e siècle.

Quelles sont les conséquences des incendies pour la nature et les humains ?

À l’heure actuelle, la superficie moyenne brûlée par les incendies en Europe est de 500 000 hectares chaque année, principalement dans les pays du sud de l’Europe.

Ainsi, la biodiversité semble être d’abord affectée par les grands incendies de forêt. Ces animaux ont quitté leur habitat naturel et ont dû trouver un autre milieu de vie. Souvent, certaines espèces ne peuvent pas survivre et leur disparition est presque inévitable. La destruction des forêts par les incendies a également mis à l’épreuve des écosystèmes entiers. Il faudra des décennies aux plantes et aux animaux pour rétablir l’équilibre.

Les incendies réduisent alors la qualité de l’air car de grandes quantités de particules fines sont rejetées dans l’atmosphère. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère ces particules fines comme cancérigènes lors des pics de pollution liés au trafic automobile en milieu urbain.exister Australiele cancer du poumon et d’autres maladies respiratoires ont augmenté chez les personnes exposées à la fumée d’incendie après les incendies de 2019 et 2020.

Enfin, les conséquences économiques sont considérables. Outre le secteur forestier, les principaux incendies de forêt ont également touché le secteur ménager, transports, tourisme (Gironde, Landes, Var, Bouches-du-Rhône, etc.), où plusieurs campings ont été rayés de la carte.

Malheureusement, selon les scientifiques, ce type de feu de forêt devrait augmenter à l’avenir. La seule arme : la prévention et la préparation.

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