Après la chute de Planète Oui, le fondateur veut utiliser Elmy pour maîtriser l’approvisionnement en énergie verte

“Je ne suis pas content de voir notre ancien client mécontent, de voir Planète Oui critiqué sur une place publique, mais je ne peux pas agir…”précise Albert Codinach, fondateur de BCM Energy et de Oui Energy en 2007 (la marque Planète Oui, avec un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros en 2021 et 125 000 clients).

En réponse aux pétitions et griefs suite à la cession de ses activités de fourniture d’énergie verte à son rival montpelliérain Mint Energie, qui est à la tête d’un tribunal de commerce, en début d’année. Ces griefs sont essentiellement liés aux hausses de prix imposées par les acheteurs.

La vente de Planète Oui intervient à un moment où les fournisseurs d’électricité alternatifs sont extrêmement tendus, dont certains, notamment en France et au Royaume-Uni, ont été dépassés par les fortes hausses des prix de l’électricité. Liées par des contrats au forfait, elles ne peuvent pas répercuter la croissance sur les clients.

“Notre incapacité à sécuriser l’approvisionnement a conduit à notre mauvaise gestion de la forte croissance, qui nous a conduits à vendre à perte. Il était clair que cela était intenable pendant longtemps.”a reconnu Albert Codinach.

Cependant, l’entrepreneur n’a pas jeté l’éponge. En fait, Mint Energie n’a repris que les activités d’approvisionnement. Pas ceux liés à la production et à l’agrégation. Et BCM Energy entend désormais revenir d’entre les morts, en s’appuyant cette fois sur un modèle totalement intégré.

Elmy, la nouvelle marque lyonnaise d’électricité verte

En conséquence, BCM Energy a lancé sa nouvelle marque d’énergie verte Elmy. Elmy, dirigée par Lyon, où l’entreprise emploie une centaine de personnes, va développer un modèle très différent de celui qui a conduit à la perte de Planète Oui.

Cette fois, il n’y a pas de marché d’échange d’énergie pour contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur de l’énergie, de la production à la distribution. “Nous avons démarré la production en 2020 et aujourd’hui notre production annuelle est de 25 MWh. L’objectif est de passer à 100 MWh par an d’ici cinq ans”.

Par exemple, pour augmenter les actifs, BCM Energy s’associera à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, à la Caisse des Dépôts et Consignations et à une dizaine d’autres entreprises privées (CNR, Crédit Agricole, Enercoop, BP Aura, NEF, GEG et Shared Energy) en 2021 Lancer un appel de plaidoyer local. Objectif : Accélérer le développement des projets solaires photovoltaïques dans la région, court-circuit dans la logique.

“La question de la décentralisation et du rôle du territoire dans la transition énergétique est plus importante que jamais. Cette décentralisation doit permettre l’émergence de projets plus proches du territoire, à taille humaine, respectueux de l’environnement et les citoyens pourront s’approprier de manière appropriée“.

La société assure également la gestion financière et technique pour le compte des producteurs indépendants 1,5 térawatt– Heures par an (contrat moyen de trois ans). “L’activité est en forte croissance ces derniers mois et nous visons à gérer 2 TWh de capacité par an d’ici 5 ans”100% écolo bien sûr.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la BCM s’est associée à la communauté urbaine de Roanne. Elle gère la centrale OSER ENR (5 mégaMWc) mise en service par la collectivité en janvier 2021. Autre engagement local : pour la commune de Mornant, gérer un groupement d’entreprises engagées dans un projet alliant autoconsommation, solidarité énergétique et économies d’énergie.

Pour Cosmopolitan Lyon, BCM Energy intervient également dans la construction de la toiture photovoltaïque et de l’ombrage de l’entreprise principale dans la Vallée de la Chimie (projet Appel des 30), générant 5,8 MWc.

30 personnes seront recrutées d’ici la fin de l’année

En 2022, l’entreprise lyonnaise vise un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros, soit le double de celui de 2021, mais une grande partie est liée à une forte hausse des prix. Objectif d’ici 5 ans : inscrire 250 000 clients B2C et B2B.

Vous craignez que l’image d’Elmy ne soit écornée par l’échec de Planète Oui ? ” Non”Répondez c’est le chef.

“Les modèles sont très différents. Tous nos producteurs sont situés en France et nous couvrons 100% de nos contrats avec un approvisionnement direct, vert et sécurisé. Nous apprenons de nos erreurs”.

et ajouter: “Face aux défis climatiques actuels et futurs, la responsabilité des fournisseurs va au-delà de la simple fourniture d’énergie. C’est pourquoi nous défendons ce modèle intégré, un système de transition énergétique globalement bénin”.

Pour poursuivre sa croissance, BCM devrait embaucher une trentaine d’employés d’ici la fin de l’année, qu’elle espère attirer avec une semaine de travail de quatre jours à la rentrée prochaine.